C’est quoi se sentir breton ?

Je suis née au Mans, j’habite à Paris depuis 5 ans et je me sens parfaitement à l’aise dans mes baskets de bretonne ! Je laisse parler les puristes qui disent de moi que je suis une usurpatrice … Ils se reconnaîtront. J’aime même revendiquer qu’on ne voit bien qu’avec le cœur. Et mon cœur chante, parle, pense, danse et vit en toute bretonnitude. Néologisme que là encore les puristes dénonceront sans vergogne …

Je n’ai pas envie de répondre à ceux qui me posent la question : te sens-tu plus bretonne ou française ? On ne peut pas opposer une identité régionale à une identité nationale, on les associe. Je suis bretonne et je suis française. D’autres me diront : tu n’es pas née en Bretagne, tu n’y habites même pas, comment peux-tu te considérer bretonne ? La question impliquerait donc que seul son lieu de naissance ou son lieu d’habitation te donnerait une légitimité régionale aux yeux de tous ? Le fait de se sentir breton, corse ou auvergnat relève donc de sa carte d’identité ? Oh mon but n’est pas de faire grincer les dents les plus nationalistes ou les plus indépendantistes d’entre nous, mais juste de pointer du doigt ceux qui essaient d’administrer ce qui n’est pas administrable : la considération.

Je me considère bretonne comme j’aurais pu me considérer sarthoise ou actuellement parisienne. J’aurais pu aussi me considérer à la fois mancelle et malouine comme d’autres se considèrent à la fois ligérien et breton. Arrêtons d’opposer les cultures régionales à la culture française ! Les cultures régionales font le rayonnement de notre pays. Soyons réalistes, la France ne serait pas la même sans cette presqu’île de l’ouest, et la Bretagne ne serait pas la même sans la France. Ceci appartient à l’Histoire. Indéniablement, je ne suis pas la même française que ma voisine du fait de ma culture bretonne.

Il y aura autant de réponses que de bretons à la question : c’est quoi se sentir breton ?

Alors je vous donne ma réponse qui me vient comme ça instinctivement. Mon histoire familiale et personnelle ont bâti ce sentiment d’appartenance à la Bretagne. Je me sens bretonne parce que j’ai grandi en Bretagne de mes cinq ans à mes 25 ans. Je suis bretonne parce que je m’intéresse de près à son histoire et à son actualité. Je parle de la Bretagne à chaque occasion : en soirée, au travail, partout en fait … Peu importe où je suis, j’ai toujours un prétexte pour parler de ma région, même au fin fond du Monténégro. Je connais une trentaine de mots en breton et je ne compte pas m’en arrêter là ! Je trouve que la Bretagne est la plus belle région de France. Je ne suis pas du tout objective. Je m’inquiète pour elle, je me préoccupe de son avenir et je suis soucieuse de son économie et de son environnement. Je travaille pour des associations bretonnes. Je repère les Gwenn ha Du plus vite que mon ombre et je vibre devant le Bagad de Lann-Bihoué ou en écoutant le Bro gozh ma zadoù. Je peste contre Madame Météo qui cache notre presqu’île la majorité du temps. Un temps qui est d’ailleurs souvent décrié, à tort. Je suis en colère contre ceux qui pensent encore que la Bretagne est une terre de ploucs, d’illettrés ou d’alcooliques.

Facile à dire mais on ne naît pas breton on le devient … Mon sentiment d’appartenance à la Bretagne se cultive chaque jour. Et la meilleure preuve réside dans ce blog qui existe depuis deux ans maintenant. Vous êtes désormais plus de 1500 visiteurs uniques par mois à lire mes articles et je suis ravie de vous faire partager ma Bretagne.

C’est peut-être l’article le plus facile que j’ai eu à écrire depuis la création de ce blog parce qu’il venait du cœur. Oui c’est ça, se sentir breton c’est instinctif !

En quoi vous sentez-vous breton ? Partagez votre sentiment en commentaires …

Mélusine à Paris

Une bretonne à Paris

11 commentaires

  1. Je te félicite pour cet article qui traduit exactement le sentiment de tout les gens qui habitent en Bretagne, l’aiment et participent à son rayonnement tout les jours mais qui n’y sont pas nés. Je fais moi même partie de ces Bretons d’adresse et de cœur, qui sont autant Breton que les natifs de Penn ar bed ! Je connais ce « devoir » de toujours se justifier quant au fait d’être ou non Bretonne, c’est lassant et fatiguant… Il faudrait que tout le monde puisse te lire 🙂

    On ne nait pas Breton, on le choisi et on le devient ! Bevet Breizh

  2. 100 % breton, j’ai commencé l’article en me disant « elle se prend pour qui ? », je le termine assuré que vous êtes Bretonne.
    Un grand bravo pour cette belle definition et unn grand pardon pour mes préjugés !
    Kenavo !

  3. Je lis votre article à l’instant. Je suis née au Mans ici, et y ai vécu jusqu’à mes 16 ans, et pourtant semaine dernière j’ai écrit ça… Bravo pour votre article

  4. Il faut arrêter de penser à travers le prisme franco-français en parlant d’ identité « régionale » et « nationale ». Il faut sortir de ce carcan.

    Les Écossais, les Irlandais et les Gallois sont-ils anglais ? Non. Les Tibétains sont-ils chinois ? Non. Avant la Première Guerre mondiale, les Polonais étaient-ils allemands pour une partie et russes pour l’autre ? Non. Les Serbes, Albanais, Grecs, Bulgares, Roumains… étaient-ils turcs jusqu’au XIXe siècle ? Non. Plus parlant encore : les Basques.

    Le Pays basque est aujourd’hui administrativement découpé entre l’Espagne et la France. La langue basque est la plus ancienne d’Europe qui soit encore parlée aujourd’hui. Elle était parlée bien avant que la première pierre de la première maison de Rome ne soit posée. Des millénaires avant qu’il ne soit question de la France et de l’Espagne (dont les langues descendent du latin vulgaire déformé). Dire que les Basques du Nord sont français et les Basques du Sud espagnols est une escroquerie intellectuelle : les deux sont basques, un point c’est tout.

    Un État n’est pas une nation, la citoyenneté n’est pas la nationalité. Les Bretons sont de citoyenneté française (à quoi servirait-il de le nier ?) mais leur nationalité n’est pas française, malgré la confusion volontaire entretenue par les États impérialistes (France, Royaume-Uni et Espagne en particulier).

    Les Basques du Nord ont bien plus à voir avec leurs frères du Sud qu’avec la France. Les Bretons ont bien plus à voir avec le Pays de Galles ou même l’Irlande qu’avec la France. Les Alsaciens ont bien plus à voir avec l’Allemagne qu’avec la France. Les Corses ont bien plus à voir avec l’Italie qu’avec la France. Les Gascons, Provençaux et Auvergnats ont bien plus à voir entre eux qu’ils n’ont à voir avec la France.

  5. J’ajouterais aussi que si les Bretons ou les Corses sont français, dans ce cas vous diriez la même chose de Rome, Florence, Barcelone, Amsterdam ou Hambourg si la France avait gardé les frontières napoléoniennes.

  6. briand jean-yves : jeannotNo Gravatar

    je viens de lire tout ton commentaire sur ton amour pour la bretagne et tu as tout a fait raison de dire que l on est pas obligé d habiter et d’etre né dans une région – ce n est simplement qu une quête d identité a laquelle on souhaite appartenir et cela on le ressent au fond de soit même et ca devient fondamental – aimer une région quelque soit-elle est le fait simplement de la regarder – l’observer – connaitre un minimum de son histoire et géographie – écouter – humilité – la respecter en ne jetant pas les papiers par terre ou objets jetés en mer, ce que certains bretons eux-même de ma connaissance ne savent pas faire et sont ignorants de leurs propre culture ( triste )- alors que je connais beaucoup de gens d’extérieurs qui peuvent effectivement leurs donner des leçons tous les jours. pour tout cela mélusine tu as tout a fait raison.

    pour ce texte je m’appelle briand jean-yves ( amis m’appellent jeannot )et je suis un breton pur sang né des cotes-du-nord region saint-brieuc – callac – guingamp et tres amoureux de ma bretagne que j’ai au plus profond de moi-meme ceci est mon identité – je parle, je pense, je vis, je dors bretagne.

    donc a toi mélusine tu as raison et je te comprends.

    enfin a savoir une belle réponse pour tes détracteurs ignorants , voici ceci:

    Alan Stivell, né le 6 janvier 1944 à Riom, située dans le département du Puy-de-Dôme, en région d’Auvergne-Rhône-Alpes, est un auteur-compositeur-interprète et musicien français qui milite pour la reconnaissance culturelle, linguistique et politique de la Bretagne. Chanteur, il est aussi multi-instrumentiste : bombarde, cornemuse écossaise, whistles, synthétiseurs et surtout harpe celtique.

    Sa personnalité et son travail ont joué un rôle majeur dans la popularisation de la musique celtique en Bretagne et dans le monde : il est en grande partie à l’origine de ce mouvement de renouveau des années 1970,

    alan stivell en breton : source jaillissante

    kenavo hag ken emberr

    • Mélusine à ParisNo Gravatar

      Merci Jean-Yves pour ton témoignage et tes jolis mots. Au plaisir !

      • briand jean yves dit jeannotNo Gravatar

        si un jour tu passe dans les cotes d armor – fais le moi savoir – je serais heureux si tu ne connais pas de te donner des coins magnifiques a visiter si tu ne connais pas trop cette region mais a mon avis tu connais deja. jeannot et cathy ma femme

  7. Je viens de tomber sur ton article et je le trouve vraiment très beau et bien écrit !
    Je ne suis pas du tout bretonne malheureusement ! J’aimerais l’être 🙂
    Je trouve que la Bretagne est la plus belle région de France et j’y vais tous les ans.
    J’aime surtout ta phrase « on ne naît pas breton on le devient », d’ailleurs, lors de vacances en Bretagne, j’ai longuement discuté avec des bretons qui m’ont dit exactement cette phrase !
    Continue comme ça, ton blog est un petit trésor !

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