Sacro-Sein

Qui aurait cru que l’île de Sein aurait été au cœur d’une polémique judiciaire? Qui aurait cru que l’on considérait encore les îliens bretons comme des sauvages sans eau ni électricité ? Pour rappel, au début du mois d’août un juge aux affaires familiales de Montpellier refuse à une mère de fixer la résidence principale de ses trois enfants sur l’île de Sein. La raison : lors de son plaidoyer l’avocat du père présente l’île de Sein comme un lieu sans eau courante, ni électricité… Le juge retiendra tout de même que « l’île peut être assurément regardée comme étant un lieu de vie relativement hostile pour les enfants ». Je vous invite à lire l’article du Télégramme si vous souhaitez connaître les détails de ce fait divers. L’occasion était trop belle pour vous présenter les merveilles de cette perle bretonne située au large de la Pointe du Raz. Non Sein n’est pas « hostîle » mais « fertîle »!  

Je ne vous cacherai pas la dureté de certains hivers, ni la force des vents et des tempêtes, ni le fameux proverbe breton « Qui voit Sein voit sa fin » mais je vous dresserai un autre visage de cette île un peu moins connue que Molène ou Ouessant.

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« Un fragment de terre sur l’Océan » de 56 hectares niché au large de la Pointe du Raz à 8 kilomètres seulement du continent. La si « petite » île de Sein fait partie de l’Association des Iles du Ponant. (Créée en 1971, cette association a pour but de promouvoir l’économie, la culture et l’environnement d’une quinzaine d’îles de la Manche et de l’Atlantique situées entre l’archipel de Chausey jusqu’à l’île d’Aix.)

A Sein, le panorama est époustouflant et la nature est simplement belle. Depuis Audierne, un bateau de la compagnie Penn Ar Bed nous y emmène en une heure à peine.

Le charme de l’île se précise lorsqu’on se promène sur les quais et sur les digues où l’océan s’offre délicieusement à nous entre vents et marées. Ses rues étroites, ses maisons groupées autour du port, ses cafés et ses restaurants donnent au village ses deux principaux atouts : la tranquillité et la convivialité. Si on est de passage, on n’hésitera pas à déguster sa spécialité : le ragoût de homard avec ses pommes de terre locales. Le phare de Goulenez trône fièrement en majesté sur l’île donnant un peu plus de hauteur à ce lieu unique. Trois plages bordent l’île : la plage des Sables blancs, celle du Nabeur et celle du Korrejou. 

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Mais au-delà de son environnement, l’île de Sein c’est aussi la fierté de son Histoire et de sa culture. 

Commune « Compagnon de la libération », Sein fait partie effectivement des 5 communes françaises à avoir reçu du Général de Gaulle la croix de la Libération (avec Nantes, Grenoble, Paris et Vassieux-en-Vercors). Entre le 24 et le 26 juin 1940, la mobilisation de la quasi totalité des hommes de l’île (âgés de 14 à 54 ans) partant rejoindre l’Angleterre représente alors le quart des premiers engagés de la France Libre… En rendant visite aux habitants de l’île le 30 août 1946, de Gaulle citera l’île de Sein en exemple : « La France entière saura qu’il y avait sur l’océan une bonne et courageuse île bretonne dont l’exemple magnifique deviendra légendaire […] le symbole de la Bretagne tout entière ».

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Cependant Sein n’est pas restée les deux pieds dans le passé.

Les métiers de la mer et du tourisme font vivre l’île qui défend corps et âme (et à juste titre) sa volonté de se développer économiquement tout en préservant son environnement. L’île de Sein est bien ancrée dans le présent et même dans le futur puisqu’elle coordonne de grands projets scientifiques en faveur du Parc Naturel Marin d’Iroise et du Parc Naturel Régional d’Armorique.

Je salue par ailleurs l’initiative d’Anthony Recchia et de Matthieu Masson, commerçants sur l’île qui ont organisé cette année le festival de musique « Bouge ton quai » le dernier week-end de septembre. Preuve que « l’île n’est pas morte »!

Chères familles qui souhaitent s’installer sur l’île de Sein : sachez qu’il y a une école primaire et un collège. Qu’on y suit les mêmes programmes scolaires que sur le continent et qu’ils ont même internet. En cas d’urgence, un hélicoptère venu de Brest peut intervenir en 15 minutes.

Vivre sur une île est un choix, on connaît les avantages, on accepte les contraintes mais n‘y a t-il pas plus hostile comme lieu pour y vivre en famille ? 

Je vous invite vivement à vous rendre sur le site de la commune de Sein, à consulter le plan d’engagement entre le Conseil général du Finistère et les îles finistériennes et surtout à faire taire les clichés sur notre jolie Bretagne et sur les îliens !

Mélusine à Paris

Une bretonne à Paris

3 commentaires

  1. En tout cas, il est certain qu’on ne risque pas d’avoir un problème de tension à Sein. L’île aspire vraiment à la sérénité et la tranquillité. Elle est tellement belle et si idéale pour un petit break bien tranquille après un rythme effréné de la vie en ville.

  2. Pingback :Mélusine @ Paris | Le phare de la Jument, « l’enfer » de Ouessant

  3. Pardon, de qui est la photo ‘sein2.jpg’ ? Je la trouve sur beaucoup des sites web. Merci

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