Les légendes bretonnes, ce supplément d’âme..

Les bretons ont su préserver du temps leur talent d’associer l’Histoire aux légendes. Un supplément d’âme qui séduit petits et grands ; où la science laisse place aux mystères et aux « Il était une fois »…

Des légendes diverses survivent dans la pierre, dans les écumes, et dans le patrimoine bâti et s’animent dès que l’Histoire est évoquée. Croyances, cultes païens et superstitions façonnent les 21 pays bretons, tantôt portés par le Noroît, tantôt par le Suroît. Un territoire où les terriens et les marins confrontent deux imaginaires, qui finissent par se rejoindre, inexorablement. Preuve d’une Bretagne aux multiples facettes, où la magie de la terre s’associe à la force de la mer. Non, très chers visiteurs, les légendes bretonnes ne tournent pas toutes autour de Brocéliande et de la Légende arthurienne ! C’est d’ailleurs celle du Bag Noz dont je voulais vous faire part.

D’origine Plouguernéenne, mon grand-père, bretonnant, m’a donné ce goût pour les croyances, et « les itinéraire bis » de l’Histoire. Peu bavard et très introverti, il donnait uniquement sa langue à la mer ! Face au phare de l’île Vierge, il lui arrivait, de temps en temps, d’évoquer ces légendes locales qui l’ont accompagnées tout au long de sa vie de marin.

Parmi elle, la légende du Bag Noz, m’a particulièrement marquée…

Les marins la connaissent très bien ; parfois la redoutent ou l’attendent avec impatience. En français, le « Bateau de la nuit » ou le « bateau des morts », en breton, le Bag Noz, est considéré comme le passeur d’âmes des marins noyés chez les celtes. À en croire les textes, ce qui n’est qu’une légende aujourd’hui a été une réelle croyance chez les bretons jusqu’au début du XXe siècle.

Inspirée de la mythologie grecque et égyptienne, une barque de couleur sombre emporterait les noyés pour sauver leurs âmes et les accompagner vers les îles Fortunées ou Bienheureuses. Conduite par le batelier de la Mort, qui peut être le premier ou le dernier mort de l’année selon les pays, la barque était le seul moyen pour les fantômes marins de ne pas se perdre dans les eaux troubles des mers et des océans. Selon la croyance leurs âmes ne pouvaient traverser un cours d’eau sans un pont ou un bateau.

Le batelier est l’équivalent de l’Ankou et de sa grinçante charrette pour les bretons terriens. Dans le Golfe du Morbihan, on parle souvent de ce Bag-Noz comme d’une barque diabolique, gardée par des chiens monstrueux et des fantômes « salis » par le crime de leurs vivants.
On dit des marins qu’ils portaient très souvent un anneau d’or à leur oreille pour payer le batelier s’ils venaient à mourir en mer. Jusqu’au XXe siècle, on plaçait une pièce de monnaie au creux de la main d’un défunt pour qu’il puisse payer le passeur d’âmes.

L’index levé pour appuyer ses mots, mon grand-père achevait très souvent ses histoires par une morale ou un proverbe, puis tournait le dos à la mer et se murait dans un silence mont-d’arrésien .

Cette fois-ci sa dernière phrase de la journée fut : « Qui cherche à observer le Bag-Noz de son vivant, ne le voit plus ».

Mélusine à Paris

Une bretonne à Paris

3 commentaires

  1. L’Ankou et la charrette de Kaamelott sont donc une vraie légende bretonne !

  2. Pingback :100 ans du Pâté Hénaff / 30 ans de souvenirs en Bretagne - Mélusine @ Paris

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